Webinaires

Premier webinaire – juillet 2020.

Un travail a été engagé avec les signataires du Manifeste pour se donner une vision claire et générale du défi que représentent la mise en valeur et le développement de l’ensemble du territoire. C’est ainsi que nous avons tenu notre premier webinaire de travail en juillet, où sept élus et candidats ont échangé sur les problèmes et solutions à faire connaître. Nous renouvellerons l’expérience dans ce format.

Le 18 juillet Karel Vereycken et Rémi Lebrun, initiateurs du manifeste, ont pu échanger avec six élus des quatre coins de la France (Marne, Haute-Marne, Saône-et-Loire, Oise, Jura et Dordogne), ainsi qu’avec Julie Péréa, candidate aux élections municipales dans l’Hérault. Outre le fait d’avoir pu donner une actualisation des enjeux financiers et économiques, pour avoir un sens du vécu de terrain, rien ne vaut des élus locaux pour en préciser les enjeux.

Parlons d’abord de la « vie » des territoires. L’aménagement du territoire est insuffisant s’il n’est vu que comme quelques arrangements. Un territoire qui ne se « développe » pas est un territoire qui meurt. Tel fut certainement la pierre angulaire de ce webinaire et voici différents angles sous lesquels le défi se pose concrètement :

  1. Le rôle politique des élus locaux doit être réhabilité et celui de simple gestionnaire-administrateur abandonné. Les élus, en tant qu’acteurs de l’économie, sont un maillon essentiel pour faire adopter des initiatives d’intérêt collectif, favoriser l’implantation d’entreprises, attirer des jeunes, etc, rôle que les intercommunalités ne peuvent assumer entièrement pour chaque commune qui les compose. Sans être toujours illégitimes, nombre de réglementations administratives et environnementales imposent un parcours du combattant décourageant à des élus qui ne sont souvent que de simples citoyens prenant sur leur temps « libre ».
  2. Le contrecoup pervers de la suppression de la DDE, paradoxalement, a été, en supprimant l’indépendance départementale et la capacité d’initiative des élus, de les amener à simplement administrer les choses, sous la tutelle de l’État et de son représentant, le préfet. Pour ceux qui sont attachés à leur indépendance, c’est une situation humiliante, et pour les autres, c’est un refuge dans le confort d’une forme de soumission.
  3. Le choix fait depuis une dizaine d’années de densifier les centres-bourgs ne doit pas se faire au détriment de l’extension de l’habitat en zone rurale, notamment de maisons accessibles aux jeunes familles.
  4. Par un effet de seuil, des territoires perdent en attractivité économique, non pas faute de potentiel mais par manque de jeunes formés dans les domaines recherchés. Il existe ici ou là des initiatives, y compris de la part d’associations, permettant d’intéresser dès l’école les nouvelles générations à l’artisanat, au maniement des outils, etc.
  5. Il faut admettre qu’une France ne vivant que du tourisme est un leurre. Il ne peut y avoir deux France : celle de la semaine et celle des week-ends et congés payés.
  6. Certains secteurs économiques ont un véritable potentiel, à condition de les protéger contre la concurrence déloyale et de leur permettre de « monter en gamme » grâce à des investissements conséquents : le bois, le lin, le réseau fluvial, l’agriculture, si elle était défendue à la hauteur du travail réalisé. Une liste loin d’être exhaustive.
  7. La moitié des 40 milliards d’euros du plan français prévu pour relancer l’activité industrielle dans nos territoires consistera en baisses d’impôts territoriaux que le gouvernement s’engage à compenser. Il faudra surveiller ces compensations pour les collectivités. Il serait tout à fait délétère que ce plan de relance tire le tapis sous les pieds des élus locaux et du développement rural nécessaire (et possible).

Laisser un commentaire