Urgence Covid

Un État stratège face à la Covid

(Février 2021)

Pour la Covid comme pour tout autre défi de cette ampleur, savoir faire face revient toujours à préparer une réponse collective. Cette réponse doit être le retour de l’État stratège, retour pour lequel nous travaillons.

L’État réduit à une « start-up nation », est incapable depuis un an de donner une orientation économique forte. Incapable parce que dépendant de la BCE pour maintenir debout les grandes banques, des marchés pour refinancer sa dette et de la Commission européenne pour financer (en partie) ses plans de relance. Il est ainsi extrêmement dangereux que l’État en soit réduit à manager la crise.

Face à cela, il devrait être aujourd’hui reconnu que :

– La santé ne peut être assujettie à une logique de flux tendu. Anticiper demande d’être équipé davantage que ne l’exigent les temps habituels. Il est impératif de rétablir sur notre territoire une production pharmaceutique sous contrôle public, notamment pour pouvoir disposer de vaccins lorsque le privé fait défaut. Il faut rémunérer et équiper comme il se doit ceux de la « première ligne », recruter et former les soignants dont nous avons besoin, mettre en place un dispositif conséquent de détection des épidémies et rétablir les liens entre médecine et recherche, y compris vétérinaire, qui furent le fondement de la révolution pasteurienne.

– Nous devons empêcher la dette Covid, publique comme privée, d’étouffer nos entreprises et services publics. Des annulations ou aménagements doivent être étudiés, après un examen permettant de séparer dettes injustes et dettes justifiées. Pour les plus fragiles, c’est une « année blanche » qui s’impose. Avant même la dette Covid, c’est la désindustrialisation et le choix du tout tourisme qui, en 40 ans, ont conduit nombre d’entreprises et de territoires dans l’impasse. C’est par une réorientation générale de l’économie, explicitée par notre Manifeste, qu’on résoudra le problème des dettes Covid et autres.

– La confiance entre ceux qui dirigent le pays et ceux qui le composent n’est pas une question de communication ; cette confiance tient à la réalité des moyens fournis pour que la direction politique soit bonne et effective. On a créé une convention citoyenne pour la transition écologique, mais pour réfléchir à la dette et aux finances publiques, le gouvernement nomme dix experts, sans grande publicité… et sans remettre en cause le fait que le remboursement soit par définition justifié.

Comment prétendre avoir pris en considération l’effort fourni par les élus locaux alors que l’on maintient et poursuit la logique technocratique des réformes territoriales ? La gravité de la situation exige au contraire de mettre cartes sur table et de faire appel à nos concitoyens, à leur travail et leur savoir-faire.

Nous appelons à la plus vive sagesse de la part de ceux qui nous gouvernent autant que de nos concitoyens. Les jours meilleurs n’arriveront ni par des injonctions injustifiées, ni par des algorithmes, le hasard des fils facebook ou l’accumulation de nouvelles médiatiques. Tracer les pistes de véritables solutions demande tête froide et cœur audacieux.

 

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