Soutiens en France et dans le monde

En France

Depuis 2008, une pétition a réuni 262 élus et 17 économistes, des vœux en soutien ont été votés par 41 communes, 2 départements et une région. C’est en 2012, avec la campagne présidentielle de Jacques Cheminade, que le débat fut porté au niveau national, jusqu’à ce que François Hollande en récupère les mots pour se faire élire.

Depuis, la séparation bancaire figure au programme de la plupart des partis, même les « gros » : la France insoumise, Europe écologie les verts, Debout la France, le Rassemblement national. Que ce soit lors du débat en 2013 ou dernièrement, avec la présentation de notre amendement par la FI à l’occasion du projet de loi pour la moralisation de la vie politique (sic), on a vu certaines initiatives, mais qui restent marginales et cantonnées aux couloirs du Parlement.

En 2017, suite à notre mobilisation auprès de la nouvelle législature, cinq députés ont posé des questions écrites à notre ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, à propos de la nécessité d’une stricte séparation bancaire et du risque porté sur les épargnes et trésoreries par la loi dite de bail-in (Lise Magnier – Marne, Groupe UDI, Agir et indépendants ; Olivier Gaillard – Gard, LREM ; Christophe Jerretie – Corrèze, LREM ; Patrice Perrot – Nièvre, LREM ; Didier Le Gac – Finistère, LREM). Les réponses que les parlementaires nous ont rapportées reviennent à des copier-coller des arguments développés par la Fédération bancaire française en défense du statu-quo.

Au plus fort du mouvement des Gilets jaunes, alors que la question de « qui contrôle la monnaie et pour quoi faire » commençait à prendre une réelle ampleur, la Banque de France s’est senti obligée d’y apporter une réponse, reflétant sa crainte de voir le sujet être mis sur le devant de la scène.

Dans le monde

Aux Etats-Unis, en janvier 2011, la Commission d’enquête sur la crise financière (FCIC) publia son fameux « rapport Angelides », décrivant à travers 600 pages ce qui avait conduit à la crise, les mécanismes financiers en cause, l’absence de régulations et la responsabilité à porter sur le démantèlement du Glass-Steagall Act.

En 2013, la démocrate Marcy Kaptur et le républicain Walter Jones engagèrent une longue bataille pour défendre un nouveau Glass-Steagall Act. Si l’administration Obama s’y opposa, ils réunirent le soutien de 81 représentants. Depuis, chaque année, ils déposent à nouveau cette loi au congrès.

En mars 2017, Thomas Hoenig, vice-président de l’autorité de régulation américaine, a rappelé Trump à ses engagements pour un nouveau Glass-Steagall Act. En effet, lors de la dernière campagne présidentielle, le Glass-Steagall Act figurait dans le programme des deux partis, républicain comme démocrate.

Par ailleurs, des démarches législatives ont été engagées en Italie, en Suisse, en Belgique et en Suède. Pour l’instant sans succès.

Personnalités

Michel Rocard, Premier ministre de 1988 à 1991 : « Il y a de nombreuses mesures possibles et souhaitables, parmi lesquelles une des plus évidentes consiste à réintroduire en urgence la séparation entre les banques de dépôt […] Naturellement, cela veut dire que la masse énorme des créances douteuses, dans cette séparation, va se retrouver du seul côté des banques traitant le risque. Il sera nécessaire d’en annuler une notable proportion. C’est le prix du risque, puisqu’on ne peut pas payer toute la dette, qu’il faut sacrifier, et sûrement pas la croissance. Et si quelqu’un doit payer, ce qui paraît fatal, il est plus équitable que ce soient les preneurs de risque plutôt que les contribuables ou surtout les chômeurs. » 3 octobre 2011, Le Monde.

Jean-Pierre Jouyet, président de l’Autorité des marchés financiers de 2008 à 2012 : « À peu près tout le monde est d’accord avec le Glass-Steagall, sauf toutes les grandes banques françaises, qui ont bâti leur compétitivité internationale sur l’absence de cette distinction. (…) Mais moi, je ne veux pas être assassiné lundi matin ! » 21 septembre 2009, lors du Forum Libération à Lyon.

On peut citer encore : Giulio Tremonti, ministre des Finances italien de 2008 à 2011, Lord Nigel Lawson, ministre des Finances de Margaret Thatcher de 1983 à 1989, Andrew Haldane, directeur exécutif de la Banque d’Angleterre en charge de la stabilité financière, les économistes et analystes financiers Maurice Allais, prix Nobel d’économie 1988, Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie 2001, Olivier Delamarche, Gaël Giraud, James K. Galbraith, Pierre-Henri Leroy, Thierry Philipponat, François Morin, Jean de Maillard, vice-président du TGI de Paris et spécialiste en criminalité financière, Jean Peyrelevade, ancien président de l’UAP et du Crédit lyonnais, Colette Neuville, présidente de l’Association de défense des actionnaires minoritaires.

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