Quel est le problème

Si l’Etat ne contrôle pas la monnaie, c’est la monnaie qui contrôle l’Etat.

— Georges Boris, conseiller de De Gaulle et Mendès France

La réalité est qu’un système financier mondialisé détruit l’économie et le travail humain sans que la France se mobilise pour l’arrêter. Nous avons donc affaire aux deux faces d’un même problème : notre incapacité à engager sérieusement de grands plans d’investissements et une crise financière qui vient, à proche ou moyen terme.

En voici les trois causes :

Abandon de l’Etat stratège

Ces graphiques font le parallèle entre la forte baisse de la contribution de la Banque de France au PIB, de la contribution de l’industrie au PIB et enfin celle des investissements infrastructurels.

Ces graphiques font le parallèle entre la forte baisse de la contribution de la Banque de France au PIB, de la contribution de l’industrie au PIB et enfin celle des investissements infrastructurels. >

Jusqu’aux années 1980, des stratégies économiques et d’aménagement du territoire étaient établies à l’échelle nationale et financées par des émissions de crédit public. Le système bancaire était régulé et l’Etat garantissait les investissements à long terme dans la recherche, les infrastructures publiques et le développement du tissu économique, sans entraver pour autant l’activité des banques privées.

Résultat de cet abandon, un sous-investissement dans les infrastructures qui fait courir un risque à la collectivité. Selon le rapport de la Fédération nationale des travaux publics :

  • 1 pont ferme chaque jour pour manque d’entretien
  • 72 000 ponts sont menacés par la corrosion de leurs armatures
  • 97 minutes de coupure électrique par habitant en 2013
  • 63 % des barrages présentent un risque majeur de dégradation
  • 1 litre sur 5 d’eau potable est perdu en raison de canalisations dégradées

Ajoutons à cela la diminution inquiétante, entre 1980 et 2013, des équipements de services publics sur le territoire national :

• Ecoles primaires : -24 %
• Bureaux de poste : -36 %
• Gendarmeries : -13 %
• Gares : -28 %
• Maternités : -48 %

 

Financiarisation à outrance

La formidable croissance de la sphère financière par rapport au PIB français et mondial.
La formidable croissance de la sphère financière par rapport au PIB français et mondial. >
Au cours des années 1980-90, les politiques ont confié l’émission monétaire aux banques privées et levé toutes les contraintes imposées depuis la fin de la IIe Guerre mondiale pour empêcher le développement d’une spéculation financière et boursière dangereuse pour la collectivité.

Ont alors émergé des mastodontes bancaires dont la puissance dépasse largement celle des Etats, des banques dites « systémiques », dont la faillite pourrait emporter le système international tout entier.

Sur ces 29 banques systémiques, quatre sont françaises :
• BNP-Paribas
• Société générale
• Crédit agricole
• BPCE

La somme totale de leurs actifs représentait 271 % du PIB français en 2018, contre 95 % en 1990 !

 

Étranglement

La courbe de l'endettement du pays mise en parallèle avec celle de l'accroissement du chômage.
La courbe de l’endettement du pays mise en parallèle avec celle de l’accroissement du chômage. >
Cette financiarisation a créé une économie où l’endettement a explosé sans déclencher une dynamique de croissance physique. Ce sont les millions de chômeurs, les recettes fiscales en moins, les PME-PMI qui payent l’impôt dont les multinationales ne s’acquittent pas, les deux suicides d’agriculteurs chaque jour, les crédits à la consommation, etc.

Voilà le principal problème que nous avons partout dans le pays, dont dépend tout le reste : services publics, sécurité, environnement, immigration, attachement à la collectivité, etc.

 

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Pour mieux saisir ces enjeux économiques et financiers nous vous conseillons :
– notre série de vidéo Faut vraiment que vous compreniez
sur Youtube.
– le rapport du sénateur Pierre-Yves Collombat Une crise en quête de fin – Quand l’Histoire bégaie.
– notre article résumant le dit rapport Pour le sénateur Pierre-Yves Collombat, il faut couper les banques en deux.

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